Adults in the Room

Canal+
04/09/20 ~ 07:17 - 09:20

En 2015, Alexis Tsipras devient Premier Ministre de la Grèce, pays en faillitte. Économiste sans expérience politique, Varoufakis est nommé ministre des finances et veut obtenir des créditeurs de son pays une restructuration de la dette grecque et des plans de réformes soutenables car l’austérité imposée par Buxelles durant les cinq années précédentes n’a fait qu’aggraver la situation (la dette a grossi de 6% jusqu’à 473 Md€ d’euros tandis que les revenus nationaux ont décru de 26%). Mais il doit affrontrer son homologue allemand Wolfgang Schäuble, épaulé par le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. - Critique : La Grèce en 2015, après la victoire de Syriza. La coalition de gauche hérite d’un pays en faillite, étranglé par les mesures d’austérité intenables qu’impose l’Union européenne. Sous la direction d’Alexis Tsipras, le nouveau gouvernement tente de sortir de ce marché de dupes et de renégocier des échéances raisonnables, qui permettraient à l’économie locale de se relever. Ou, tout au moins, à la population de ne pas tomber au-dessous du seuil de pauvreté. Interprété par un comédien très charismatique (Christos Loulis), le célèbre ministre des Finances de l’époque, l’économiste Yanis Varoufakis, rappelle les héros de Z : aussi opiniâtre, aussi courageux. Sans jamais verser dans l’hagiographie, Adults in the Room, adapté d’un livre de Varoufakis (qui finit par démissionner, en juillet 2015), prend résolument le parti des élus grecs contre des adversaires intraitables : l’Eurogroupe des ministres des Finances européens et la redoutable « troïka » des fonctionnaires de la BCE, de la Commission européenne et du FMI. Ceux-là ne lâchent rien. Jamais. Ils méprisent, ils discréditent, ils manipulent. Ils règnent. Le film, construit comme un piège fatal, retrace la mise à mort politique d’un homme et de son peuple. Costa-Gavras réussit un tour de force : un thriller palpitant dans le huis clos des cabinets ministériels et des réunions de travail. Il se fait pédagogue sans jamais rien sacrifier de la complexité du sujet. Jusqu’à une scène d’estocade finale, déroutante et funèbre, où la violence du pouvoir économique mène littéralement la danse.