A mon âge je me cache encore pour fumer

Arte
11/03/20 ~ 23:25 - 00:55

Dans un hammam d'Alger, des femmes se confient, partageant joies et peines de la condition féminine musulmane, sur fond de montée de l'intégrisme religieux. Ce film modeste offre des portraits attachants et forts, avec l'appui d'actrices formidables. - Critique : Ce beau titre a d’abord été celui d’une pièce de théâtre, largement saluée dans la presse, il y a quelques années. En portant son texte à l’écran, Rayhana n’affiche aucune prétention cinématographique. Mais on sent son plaisir et celui de ses actrices à faire vivre cette réunion de femmes, dans un hammam d’Alger. Le lieu le plus sûr pour griller une cigarette à l’abri du regard des hommes, et pour partager les joies et les peines de la condition féminine musulmane, sur fond de montée de l’intégrisme religieux. Les intentions sont nobles : tirer le film vers la fable et l’hymne aux libertés — de plus en plus sacrifiées. La vérité des portraits séduit pourtant davantage. Chaque femme porte une histoire, comme celle que raconte cette grand-mère mariée de force avant même sa puberté. À la violence des expériences s’oppose la douceur réparatrice du hammam. Mais cet univers si féminin garde une âpreté. Elle se lit sur les visages de Hiam Abbass, Biyouna ou Nadia Kaci, comédiennes dont le tempérament fait merveille pour dire, sans aucune sensiblerie, le courage des Algériennes. Et leur endurcissement.