700 requins dans la nuit

Arte
23/06/18 ~ 14:55 - 16:30

Parti observer un rassemblement de mérous en 2014 dans l'atoll polynésien de Fakarava, Laurent Ballesta y avait découvert un groupe de plus de 700 requins gris. Comment expliquer cette densité inédite ? Durant trois années de préparation, avec les autres plongeurs de l'équipe scientifique internationale qu'il pilote, il a apprivoisé sa peur en abandonnant les réflexes défensifs qui provoquent l'agressivité des requins, dans le but de se glisser au coeur du groupe pour l'étudier et la filmer de l'intérieur. Squales appareillés de puces électroniques, antennes réceptrices, hydrophones, arche de 32 caméras synchronisées : tout un arsenal technologique a été mobilisé pour le projet. Critique : Laurent Ballesta est un enfant tenace, capable de s’accrocher à un aileron de requin pour poursuivre son exploration du monde sous-marin. Il y a quatre ans, le biologiste-photographe découvrait dans l’atoll de Fakarava, en Polynésie française, un spectacle unique : le speed dating de dix-huit mille mérous affluant pour se reproduire le soir de la pleine lune de juin. Et dans leur sillage, un bataillon de sept cents requins gris venus profiter de l’orgie. Après un premier film (Le Mystère mérou, 2015), le plongeur et son équipe sont revenus sur place, pour concentrer cette fois leurs observations sur cette meute chasseuse unique au monde. Et tenter d’en percer les énigmes, les logiques de groupe et les stratégies prédatrices derrière l’apparente anarchie de la horde affamée. Fruit de quatre années d’observation et de repérage, cette nouvelle plongée à Fakarava croise dans les eaux de la découverte scientifique et de l’émerveillement enfantin, quelque part entre les aventures du commandant Cousteau et celles de Steve Zissou, l’océanographe obsessionnel du film de Wes Anderson La Vie aquatique, traquant sans relâche un requin jaguar. A la fois thriller à fort QI et récit d’une épopée humaine, l’exploration en eaux turquoise comporte son lot d’adrénaline — attraper les squales à mains nues pour leur poser sur le ventre une puce électronique — autant que d’équipement high-tech — une arche de trente-deux caméras synchronisées a été mise au point pour figer les scènes de chasse au centième de seconde, des micros ont été immergés pour capter le vacarme du « monde du silence »… Le tout baigné dans le cadre idyllique d’un atoll du Pacifique, promesse d’images à la beauté toujours hypnotique. A lire : 700 Requins dans la nuit, de Laurent Ballesta, éd. Andromède Océanologie.