3 jours en juin

France 3
08/06/20 ~ 21:35 - 23:15

Juin 1940. La Wehrmacht déferle sur la France. Civils et militaires s'enfuient. Bientôt, une colonne blindée nazie s'approche d'un des derniers ponts du côté d'Orléans. Sur la rive nord, une compagnie de Sénégalais défend les abords du pont. Sur la rive sud, une poignée de militaires s'apprête à résister... - Critique : Téléfilm de Philippe Venault (France, 2005). Scénario et dialogues : Ph. Venault et Jacques Forgeas. 105 mn. Rediffusion. Avec Patrick Catalifo : Dragance. Elsa Lunghini : Sylvie. Laurent Poitrenaux : Chevtchenko. Marc Berman : Rollet. Etienne Chicot : Haudrusse. Marc Betton : le maire. Guy Marchand : le colonel Valadon. Juin 1940, ou la triste pagaille sur les routes de France : tout le Nord - civils, valises sous le bras, et soldats en déroute - descend vers le Sud, poussé par l'armée allemande. Sur la Loire, le 16 juin, profitant de la vacance du pouvoir et ignorant le discours du vieillard appelant à cesser le combat, une poignée de militaires décident de barrer la route aux chars nazis. Un geste désespéré que l'écrivain Henri Dragance, sorte de Drieu de gauche qui en a vu d'autres (les mutineries de 1917 et la guerre d'Espagne), conçoit comme la moindre des choses. Mais dans le village d'à côté, les notables - un pharmacien digne de Flaubert et un cafetier replet - craignent les représailles et ne l'entendent pas ainsi. Adaptée d'un roman (Un pont sur la Loire, de Frédéric Fajardie), cette histoire semble a priori couper le monde en deux. Dans le détail des dialogues, c'est plus fin. Et la panoplie des personnages donne à voir toute l'étendue des positions prises en temps de guerre. De la trouille au courage, en passant par l'opportunisme, politique ou sentimental... Avec, en toile de fond sordide, le sort que réservaient les Allemands aux tirailleurs sénégalais prisonniers de guerre. Bien interprété (Catalifo, Poitrenaux, Montalembert et Marchand), ce téléfilm a pourtant quelque chose de besogneux qui le rend démonstratif. Et il faut attendre l'appel final - celui du 18 juin, cette fois - pour qu'il révèle toute son épaisseur. Emmanuelle Bouchez