20th Century Women

Canal+
08:30 - 10:20

En 1979, une Californienne libre d'esprit élève seule son fils. Mêlant Histoire et fiction intime, le réalisateur de Beginners (sur son père homo) raconte, cette fois, sa mère. Un magnifique portrait de femme où brille Annette Bening. Critique : | Genre : le château de ma mère. C’est comme une suite informelle de l’autobiographie entreprise par Mike Mills avec Beginners (2010). Le premier volet racontait le père, qui s’autorisait, à 75 ans seulement, à vivre son homosexualité. Ce film-ci remonte le temps pour évoquer la mère : à Santa Barbara, en 1979, elle est au milieu de sa cinquantaine, déjà séparée. Le fils (double du cinéaste) a 14 ans. Leur tête-à-tête se complique de jour en jour. Il lui reproche de se complaire dans le malheur et le célibat. Elle se sent mal placée pour lui apprendre la vie. Mais la maison est grande, il y a des locataires : un homme à tout faire pas vraiment remis de ses années hippie, une jeune artiste en panne… et une petite voisine délurée qui s’incruste. Mike Mills affine encore son art d’agencer l’historique et l’intime, la fiction et les images d’archives. Mais il réussit d’abord un magnifique portrait de mère. Dépressive et énergique, permissive et autoritaire, coquette et négligée, Dorothea échappe à toutes les étiquettes. Bohème en apparence, elle pointe chaque matin, au petit déjeuner, le cours de ses actions en Bourse. Avec cette somme de nuances, Annette Bening tient son plus beau rôle. Le film séduit aussi par sa dramaturgie discrètement imprévisible. La reconstitution détaillée de l’année 1979 est peu à peu traversée, voire contredite, par les récits complets de la vie de chaque personnage. Cette mère qu’on voit surtout en panne, sans guère d’espoir, dans un automne mélancolique, on apprend ainsi qu’elle aura droit, des années plus tard, à son été indien. Happy end !
 
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