1900 : Seconde époque

Arte
10/12/18 ~ 23:30 - 02:05

Après l'été de l'enfance et l'automne des mélancolies, voici l'hiver des chagrins et des souffrances, puis le printemps de la défaite des fascistes. Une seconde partie plus militante que la première, avec un Depardieu magnifique. Critique : Alfredo et Olmo sont nés le même jour de 1900 sur le domaine d’une riche famille d’Emilie. Le premier, dans le clan des propriétaires, le second, dans celui des métayers. Alfredo, dispensé de mobilisation pendant la Grande Guerre, adhérera ensuite au fascisme, alors qu’Olmo, rescapé des combats, deviendra communiste… C’est l’Italie de la première moitié du XXe siècle que raconte Bertolucci dans cette superproduction-fleuve en deux parties — la première plus réussie que la seconde. Le triomphe mondial du Dernier Tango à Paris (1972) avait permis au cinéaste contestataire, disparu le 26 novembre dernier à 77 ans, de réunir un casting international de stars confirmées (Burt Lancaster) ou naissantes (Robert De Niro et Gérard Depardieu). Quarante ans plus tard, son hymne à la lutte des classes, assez proche du « réalisme socialiste » des productions soviétiques d’autrefois, semble souvent caricatural, sinon naïf — voir le personnage de l’affreux régisseur incarné par Donald Sutherland. Novecento est beaucoup plus convaincant — et séduisant — dans sa célébration de la vie, de la terre, du sexe et des saisons, magnifiquement photographiées par Vittorio Storaro. La mise en scène, ample et souvent virtuose, reste magnifique de lyrisme.
 
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