18 ans après

Canal+
17/10/18 ~ 01:15 - 02:40

Voilà maintenant 18 ans que Marie, qui n'était alors qu'un nourrisson, a été recueillie par Jacques, Pierre et Michel. La mère de l'enfant, submergée par le travail et sa nouvelle vie de maman, avait confié sa petite fille à ces trois célibataires endurcis. Le bébé a bien grandi depuis et fête ses 18 printemps. Son baccalauréat en poche, Marie décide de passer l'été dans le Midi avec Sylvia, sa mère, qui revient d'un long séjour aux Etats-Unis. Sylvia est accompagnée d'un Américain, qu'elle vient d'épouser, papa de deux garçons. Et sous les yeux effarés de ses trois pères d'adoption, Marie découvre alors les premiers émois de l'amour... Critique : Les films de Coline Serreau ont toujours reflété l'air du temps. L'émancipation féminine (Mais qu'est-ce qu'elles veulent ?) et la bisexualité masculine (Pourquoi pas !). Les mariages interraciaux (Romuald et Juliette). Les familles en kit (La Crise). Et l'arrivée des papas poules, avec Trois Hommes et un couffin, triomphe public, césar 1985, dont ce film est la suite. Toujours flanquée de ses trois papas, Marie passe, à la fois, le bac et les vacances d'été avec sa mère. Laquelle débarque de L.A. avec son nouveau jules (un Américain hyperactif épuisant). Et ses deux grands garçons, James, beau comme un dieu, et Arthur, boutonneux timide : James Thierrée l'interprète avec élégance et drôlerie. C'est le bonheur du film. Le seul. Tous ont l'air de se marrer énormément, mais leur plaisir ne passe jamais l'écran, tant les péripéties sont mollassonnes. Question air du temps, juste quelques allusions à la mondialisation et à José Bové. Pour le reste, la réalisatrice brocarde sans flamme ni intelligence les Américains, les petites copines des papas (quelles emmerdantes emmerdeuses emmerderesses !), et les couples bourgeois ­ étiquetés « versaillais » ­ qui se plaignent de la violence ambiante, tout en étant terrorisés par leur progéniture. Qui plus est ­ la faute à la caméra DV ? ­ l'image est d'une incroyable laideur. Coline Serreau songe à retrouver, d'ici quelque temps, les papas devenus grands-pères. Souhaitons que la future génération lui rende une vigueur et une imagination (provisoirement) perdues - Pierre Murat