120 battements par minute

Canal+
25/09/18 ~ 09:25 - 11:44

Au début des années 1990, le jeune Nathan assiste pour la première fois à une réunion de l'association Act Up Paris, qui fait de la prévention et lutte pour les droits des séropositifs. Au cours de cette réunion pleine de disputes et de tensions, il découvre des militants hétéroclites mais très motivés par leur combat. Devenu adhérent, il apprend son mode de fonctionnement, ses prises de parole codées et s'y investit de plus en plus, participant à des groupes de réflexion, mais aussi à des interventions percutantes dans des laboratoires pharmaceutiques. Peu à peu, il se rapproche de Sean, un séropositif aux idées radicales. Critique : | Genre : film choc. Grand Prix au Festival de Cannes de 2017, puis césar du meilleur film français en 2018, 120 Battements par minute retrace les premières années de l’association Act Up-Paris, et restitue la rage de vivre et d’aimer de militants dévoués corps et âme. Certains sont déjà malades du sida, d’autres séronégatifs. Aux AG du soir, il y a des homos et des hétéros, des femmes et des hommes, la mère d’un hémophile contaminé… Le sentiment d’urgence n’empêche pas un humour cinglant et des inimitiés assumées. Avec ce percutant théâtre de la parole, Robin Campillo (Eastern Boys) réussit d’emblée sur un terrain réputé aride : la discussion politique filmée. Thibault (Antoine Reinartz), président du mouvement, exaspère Sean (Nahuel Pérez Biscayart), séropositif comme lui, mais profondément révolté, et de plus en plus fragilisé par la maladie. Nathan, arrivé depuis peu dans l’association, épargné par le virus, attire Thibault mais s’éprend de Sean… La reconstitution des actions spectaculaires d’Act Up-Paris laisse peu à peu éclore une histoire d’amour condamnée, et la fresque documentée y gagne une extrême intensité romanesque. Robin Campillo sait ralentir le rythme, éterniser les premières étreintes, tout en gardant le fil de l’engagement collectif. Au plus fort de la tragédie, le ton du film stupéfie encore. Car la fidélité à celui qui ne voulait pas mourir consiste à revivre et aimer aussitôt, sans délai de décence, ni aucun scrupule, bien au contraire. En recevant son prix à Cannes, le cinéaste l’a d’ailleurs dédié non pas seulement aux morts de cette époque, mais aussi à tous ceux qui ont survécu.
 
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