10 jours sans maman

Canal+
17/02/21 ~ 09:54 - 11:29

Tout va bien dans la vie professionnelle d'Antoine. DRH dans une grande enseigne de bricolage, il est apprécié de sa hierarchie et est sur le point d'être promu en tant que directeur général de l'entreprise. De son côté, Isabelle, sa femme, est au bord du burn-out. Alors qu'elle gère tout au sein du foyer familial, elle décide de s'accorder du temps à elle et se prend quelques jours de congés. C'est au tour d'Antoine, dépité, de prendre soin de sa turbulente et nombreuse progéniture. Ces derniers ne vont pas lui faciliter la tâche et Antoine se révèle vite dépassé... - Critique : Antoine, DRH d’une enseigne de bricolage, pense tant à son boulot et à ne pas se faire piquer sa promotion par un jeune loup arrogant qu’il se repose entièrement sur son épouse pour s’occuper de la maison et, surtout, de leurs quatre enfants. Réalisant soudain que tout le monde trouve normal qu’elle se dévoue corps et âme, cette femme parfaite décide de s’octroyer dix jours de vacances : à Antoine de se débrouiller sans elle. Désordre, désastres, et révélation tardive d’amour paternel en perspective… Franchement, on ne sait plus quoi écrire sur ces comédies familiales dont la mécanique, à la vieille huile, corrompt les éventuelles bonnes intentions. Elles se reposent tant sur leurs acteurs principaux qu’elles en oublient ce petit truc qui se nomme… la mise en scène. Aidé par la présence, toujours lumineuse, d’Aure Atika, le tout début croque quelques situations réussies : petit déjeuner Ricoré, préados chamailleurs, benjamin dans son monde virtuel et bébé dont seule maman comprend le babillage. Et, surtout, ce barbecue avec famille et copains où chaque regard d’Aure Atika exprime, subtilement, la montée de l’humiliation. Puis Aure, donc, laisse la place à Franck Dubosc, plutôt sobre en père débordé, ignorant des tâches domestiques et de la vie de ses lardons. En découlent une ou deux séquences de comique catastrophe qui évoquent de loin la noirceur bienvenue de Papa ou maman. Et, côté boulot, quelques jolies exaspérations face à Alexis Michalik, le brillant dramaturge qui s’amuse, ouvertement, à composer un personnage de bouffon beau gosse à claquer. Hélas, une vague histoire de nounou licenciée et, évidemment, la prise de conscience paternelle – que vaut un job par rapport à la chair de ma chair ? – amollissent l’ensemble, musique doucereuse à l’appui, sans compter certains monologues face caméra, superfétatoires, de Franck Dubosc. Première question : même si l’on sait que le machisme est loin d’avoir disparu et que tous les paternels ne sont pas des « nouveaux pères », peut-on encore bâtir un scénario entier sur le fait qu’un homme ne sache pas faire une machine ou soit contraint de chercher des infos sur Internet quand sa fille a ses règles ? Deuxième question : quand Franck Dubosc choisira-t-il des films à sa hauteur (à laquelle on continue de croire), quitte à bifurquer vers des farces vraiment grinçantes ? Il se couperait de ce qu’il estime être son public ? Il en gagnerait un autre. Lui-même, en écrivant et réalisant, il y a deux ans, Tout le monde debout, s’offrait un bien meilleur film que ces 10 Jours sans… risque.