Henri Lafont, le parrain de la gestapo, diffusion du 19/10/18

France 3
19/10/18 ~ 01:40 - 02:30

En juin 1940, alors que la France s'effondre et s'apprête à vivre à l'heure allemande, la pègre choisit son camp. Ainsi, Henri Chamberlin, dit «Henri Lafont», est l'un des premiers Français à proposer ses services aux Allemands. Rapidement promu chef d'un service de police situé au 93, rue Lauriston, Lafont réunit autour de lui une équipe de malfaiteurs professionnels. Bientôt rejoints par des policiers corrompus, ces truands vont profiter de leur situation pour harceler les Juifs, piller le pays et torturer les Résistants. Retour sur les exactions de ces opportunistes, ainsi que sur leur implication dans la machine répressive allemande. Critique : Nombreux sont les « documentaires historiques » à être aussi peu l'un que l'autre. Henri Lafont, parrain de la Gestapo est de ceux-là, qui ne prennent pas plus la mesure de ce que l'Histoire peut nous dire que ce que la forme documentaire permet d'en exprimer. Non que cette biographie du chef de la Gestapo française pâtisse d'erreurs historiques — son auteur, que l'on retrouve curieusement interviewé d'un bout à l'autre du programme, est un spécialiste du milieu sous l'Occupation (1) . Mais à conter par le menu le parcours criminel de Chamberlin, dit Lafont, il réduit le contexte vichyssois à une toile de fond et confère au programme un faux air de Faites entrer l'accusé. Même impression quant à la réalisation, la seule idée un tant soit peu originale de Jean-Pierre Devillers consistant à introduire dans le champ le crayon d'un dessinateur croquant des scènes et des visages comme dans un tribunal. Pour le reste, le montage utilise plus souvent les archives comme des illustrations bouche-trous entre deux interviews, se concentrant sur leur vertu illustrative ou pittoresque en ignorant leur substance historique. Aussi trouvera-t-on plus d'avantages à parcourir la page Wikipédia du « parrain de la Gestapo française », qu'à perdre près d'une heure devant cette production sans grand intérêt. — François Ekchajzer   (1) Grégory Auda est notamment l'auteur des Belles Années du « milieu », 1940-1944, chez Michalon.